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La réalité: les pedidos du Portugal et la collecte de recettes extraordinaires à la fin du Moyen Âge

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Resumo:[Extrait] Vers la fin des années 1450, le Portugal a un problème très sérieux à régler : celui des dépenses extraordinaires et de la nécessité quasi permanente de trouver des recettes extraordinaires, liée en grande partie à son activité militaire qui lui vaut de nombreux déboires financiers tout au long du xve siècle. Le présent essai propose une réflexion sur le système portugais de recouvrement des impôts à la fin du Moyen Âge et sur sa dynamique en matière de recettes, ainsi qu’une brève comparaison entre les recettes extraordinaires et les revenus ordinaires, en particulier sous le règne d’Alphonse V, sur la base de documents datant du milieu du xve siècle. 2Il était couramment admis à l’époque médiévale que le droit d’attribuer une valeur arbitraire à l’argent était lié à la frappe de la monnaie et appartenait par conséquent au roi. Les monarques portugais ont tiré profit de cette situation, comme d’autres l’avaient fait auparavant au-delà des frontières, et ont commencé à « dévaluer » la monnaie. Cependant, cette pratique était extrêmement dommageable pour le royaume en raison des prix élevés qu’elle entraînait, de sorte que le peuple préférait verser au monarque un certain montant en espèces en contrepartie du maintien de la valeur de la monnaie argent, plutôt que de subir les préjudices causés par la dévaluation. D’où l’habitude, prise par le monarque, de recevoir une aide extraordinaire en cas de très grandes difficultés financières. En raison de cette habitude, associée à d’autres circonstances, ces « demandes » (pedidos) ou « prêts » (empréstimos) royaux sont devenus une caractéristique du système fiscal portugais. 3Cependant, il était nécessaire et urgent que le recours extraordinaire aux impôts indirects (les sisas) devienne ordinaire, et c’est ce qui s’est passé. Pour les Portugais, l’argent et le crédit correspondaient à des besoins permanents dans ce contexte. De nouvelles dépenses – liées à l’expansion atlantique, aux tentatives de conquête de la couronne de Castille et à la présence en Afrique – se sont traduites par une série de turbulences économiques au cours de cette période. Toutefois, le Portugal n’a pas suivi l’exemple de la Castille et de l’Aragon voisins, ni celui d’autres pays européens, en abandonnant un modèle de dette consolidée, créé en Italie à la fin du Moyen Âge et pourtant largement utilisé dans la plupart des royaumes d’Europe de l’Ouest, et en « redistribuant » directement les revenus entre les membres de la noblesse afin de soutenir le projet politique du monarque. 4Le présent essai a pour objet d’analyser certaines caractéristiques des recettes extraordinaires et de comparer les procédures y afférentes à celles mises en œuvre pour les recettes courantes – recouvrement direct ou affermage, identité des fermiers, répartition des recettes, dépenses financées, coût de la collecte des recettes pour la couronne portugaise et montants effectivement encaissés dans les coffres royaux –, sur la base d’un échantillon sélectionné de lettres de quittance du milieu du xve siècle. Autrement dit, de comprendre de quelles sommes disposait le roi, c’est-à-dire de mieux cerner la réalité. [...]
Autores principais:Dominguez, Rodrigo da Costa
Assunto:Humanidades::História e Arqueologia Trabalho digno e crescimento económico
Ano:2015
País:Portugal
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description [Extrait] Vers la fin des années 1450, le Portugal a un problème très sérieux à régler : celui des dépenses extraordinaires et de la nécessité quasi permanente de trouver des recettes extraordinaires, liée en grande partie à son activité militaire qui lui vaut de nombreux déboires financiers tout au long du xve siècle. Le présent essai propose une réflexion sur le système portugais de recouvrement des impôts à la fin du Moyen Âge et sur sa dynamique en matière de recettes, ainsi qu’une brève comparaison entre les recettes extraordinaires et les revenus ordinaires, en particulier sous le règne d’Alphonse V, sur la base de documents datant du milieu du xve siècle. 2Il était couramment admis à l’époque médiévale que le droit d’attribuer une valeur arbitraire à l’argent était lié à la frappe de la monnaie et appartenait par conséquent au roi. Les monarques portugais ont tiré profit de cette situation, comme d’autres l’avaient fait auparavant au-delà des frontières, et ont commencé à « dévaluer » la monnaie. Cependant, cette pratique était extrêmement dommageable pour le royaume en raison des prix élevés qu’elle entraînait, de sorte que le peuple préférait verser au monarque un certain montant en espèces en contrepartie du maintien de la valeur de la monnaie argent, plutôt que de subir les préjudices causés par la dévaluation. D’où l’habitude, prise par le monarque, de recevoir une aide extraordinaire en cas de très grandes difficultés financières. En raison de cette habitude, associée à d’autres circonstances, ces « demandes » (pedidos) ou « prêts » (empréstimos) royaux sont devenus une caractéristique du système fiscal portugais. 3Cependant, il était nécessaire et urgent que le recours extraordinaire aux impôts indirects (les sisas) devienne ordinaire, et c’est ce qui s’est passé. Pour les Portugais, l’argent et le crédit correspondaient à des besoins permanents dans ce contexte. De nouvelles dépenses – liées à l’expansion atlantique, aux tentatives de conquête de la couronne de Castille et à la présence en Afrique – se sont traduites par une série de turbulences économiques au cours de cette période. Toutefois, le Portugal n’a pas suivi l’exemple de la Castille et de l’Aragon voisins, ni celui d’autres pays européens, en abandonnant un modèle de dette consolidée, créé en Italie à la fin du Moyen Âge et pourtant largement utilisé dans la plupart des royaumes d’Europe de l’Ouest, et en « redistribuant » directement les revenus entre les membres de la noblesse afin de soutenir le projet politique du monarque. 4Le présent essai a pour objet d’analyser certaines caractéristiques des recettes extraordinaires et de comparer les procédures y afférentes à celles mises en œuvre pour les recettes courantes – recouvrement direct ou affermage, identité des fermiers, répartition des recettes, dépenses financées, coût de la collecte des recettes pour la couronne portugaise et montants effectivement encaissés dans les coffres royaux –, sur la base d’un échantillon sélectionné de lettres de quittance du milieu du xve siècle. Autrement dit, de comprendre de quelles sommes disposait le roi, c’est-à-dire de mieux cerner la réalité. [...]
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