Publicação
Temps scolaire - un concept du changement ?
| Resumo: | Dans une époque de grands changements sociaux et technologiques, le temps est de plus en plus perçu comme une ressource rare. Paradoxalement, augmente le nombre de citoyens qui travaille de façon autonome, autrement dit, ces citoyens gèrent leur temps de travail. Dans ce contexte, il y a d’énormes contradictions entre les très fortes contraintes, externes à la gestion personnelle du temps, et la demande publique d’une plus grande autonomie et d'individuation. Les enfants et les jeunes ont une grande facilitée d'accès rapide à des actifs de technologie, qui leur donne également un début d'autonomie et capacité de gestion personnelle du temps, mais le temps scolaire est bien plus long et plus réglementé. Actuellement, dans la plupart des systèmes éducatifs, la façon d'organiser et de vivre le temps scolaire est le résultat de tensions multiples. On essaye, avec peu de succès, de rendre compatible une conception et l'organisation du temps, découlant d'une vision mécaniste et fermée du temps scolaire (historiquement et qui est encore dominante), avec la pression de la société en général et des familles, en particulier, pour l'exercice de nouvelles fonctions et responsabilités de la part des écoles (l'accent sur le rôle des soins) et, encore, avec les changements de la vie sociale des enfants et des jeunes (surtout l'intensification des réseaux de communication "virtuelle" entre les enfants et les jeunes et la disponibilité d'accès au savoir de manière autonome via les nouvelles technologies). La question du temps a toujours été, et l'est encore, essentielle pour les organisations éducatives et la vie de ceux qui y travaillent et étudient. C'est vraiment le temps scolaire qui "règle la vie au sein de l'institution, la fragmentant en des parcelles artificiellement établies" (Estrela, 2002: 44). Le temps (ainsi que l'espace) est un élément structurel et structurant de la culture scolaire. Il est structurel à partir de ce qu'il a de "fondamental dans la définition de l'ordre qui octroie la gouvernementalité aux institutions qui se destinent à la formation des enfants et des jeunes (Escolano Benito, 2008: 33). Il est structurant car il marque le quotidien scolaire de certains rythmes, de modes de vie et d'une organisation des espaces de sociabilité et de rencontre entre les gens. Il définit un certain concept d'ordre social, interagit et a une influence sur d'autres dimensions des organisations éducatives, notamment le développement des curricula. Les écoles sont des organisations qui font face à la complexité de la vie collective et, dans ce sens, l'organisation du temps vise à trouver des moyens de conciliation entre les différents temps présents et le temps scolaire - le temps sociologique (définir les vacances, les congés, par exemple), le temps institutionnel (organiser les horaires des classes, les années de scolarité, selon une logique organisationnelle), le temps psychologique et le temps biologique (créer des périodes de temps de repos et de loisirs; des espaces pour l'alimentation, par exemple) et le temps pédagogique (créer des horaires avec des séquences qui obéissent à une logique pédagogique). Le temps scolaire souhaiterait parvenir à la combinaison de ces temps, mais n'arrive pas toujours à trouver un équilibre, les temps et les rythmes des élèves sont, la grande majorité des cas, notoirement sacrifiés à d'autres temps (Estrela, 2002 ; Montagner et al, 1986 ; Hustin, 1994). À l'école, désignée traditionnelle, l'organisation du temps, de l'espace et d'autres dimensions de la vie scolaire, répond à l'idée de contrôle de la réalité sociale qui y est subjacente et qui présuppose une stabilité, certitude, prévisibilité, hiérarchie, ordre, immobilité, standardisation, répétition et la primauté de la structure sur les processus et des institutions sur les individus et les groupes. Ces prémisses sont définies à partir de la rentabilisation de l'action d'enseigner et, conséquemment, des apprentissages des élèves, cela a marqué beaucoup la recherche en éducation, orientée vers l'étude du temps comme une variable (Brophy et Good, 1986; Crahya, 2000). Certaines de ces études concluent que, dans ce cadre de la référence de la répétition et de la fragmentation du temps, plus de temps l'élève passe à l'école et moins il apprend. D'autres soulignent l'importance de la signification donnée par l'enfant au temps et à ce qu'il fait pendant ce temps, c'est-à-dire, s'il trouve ou ne trouve pas de sens à la vie scolaire (Hustin, 1994). L'école a cessé d'être, depuis longtemps, le temple imprenable et résistant aux actions extérieures. La vie et toute sa richesse, puissance, conflit et contradiction, entre à l'école tous les jours. Néanmoins, elle maintient son actualité et pertinence, au moins dans le système éducatif portugais (par rapport aux avancées et reculs et aux contradictions inhérentes aux changements, aux immobilismes et atavismes et à quelques innovations y observées). Il y a plus de dix ans, Aniko Hustin écrivait judicieusement : "l’enseignement suit de trop loin l’évolution et la transformation du concept de temps et un fossé de plus en plus grand se creuse entre les concepts scientifiques modernes et ses applications à l’école, qui devrait, au contraire, être le lieu de leur propagation" (Hustin, 1994 : 35). |
|---|---|
| Autores principais: | Freire, Isabel |
| Assunto: | Temps des élèves Temps des enseignants Temps mobile Complexité |
| Ano: | 2013 |
| País: | Portugal |
| Tipo de documento: | capítulo de livro |
| Tipo de acesso: | acesso restrito |
| Instituição associada: | Universidade de Lisboa |
| Idioma: | francês |
| Origem: | Repositório da Universidade de Lisboa |
| Resumo: | Dans une époque de grands changements sociaux et technologiques, le temps est de plus en plus perçu comme une ressource rare. Paradoxalement, augmente le nombre de citoyens qui travaille de façon autonome, autrement dit, ces citoyens gèrent leur temps de travail. Dans ce contexte, il y a d’énormes contradictions entre les très fortes contraintes, externes à la gestion personnelle du temps, et la demande publique d’une plus grande autonomie et d'individuation. Les enfants et les jeunes ont une grande facilitée d'accès rapide à des actifs de technologie, qui leur donne également un début d'autonomie et capacité de gestion personnelle du temps, mais le temps scolaire est bien plus long et plus réglementé. Actuellement, dans la plupart des systèmes éducatifs, la façon d'organiser et de vivre le temps scolaire est le résultat de tensions multiples. On essaye, avec peu de succès, de rendre compatible une conception et l'organisation du temps, découlant d'une vision mécaniste et fermée du temps scolaire (historiquement et qui est encore dominante), avec la pression de la société en général et des familles, en particulier, pour l'exercice de nouvelles fonctions et responsabilités de la part des écoles (l'accent sur le rôle des soins) et, encore, avec les changements de la vie sociale des enfants et des jeunes (surtout l'intensification des réseaux de communication "virtuelle" entre les enfants et les jeunes et la disponibilité d'accès au savoir de manière autonome via les nouvelles technologies). La question du temps a toujours été, et l'est encore, essentielle pour les organisations éducatives et la vie de ceux qui y travaillent et étudient. C'est vraiment le temps scolaire qui "règle la vie au sein de l'institution, la fragmentant en des parcelles artificiellement établies" (Estrela, 2002: 44). Le temps (ainsi que l'espace) est un élément structurel et structurant de la culture scolaire. Il est structurel à partir de ce qu'il a de "fondamental dans la définition de l'ordre qui octroie la gouvernementalité aux institutions qui se destinent à la formation des enfants et des jeunes (Escolano Benito, 2008: 33). Il est structurant car il marque le quotidien scolaire de certains rythmes, de modes de vie et d'une organisation des espaces de sociabilité et de rencontre entre les gens. Il définit un certain concept d'ordre social, interagit et a une influence sur d'autres dimensions des organisations éducatives, notamment le développement des curricula. Les écoles sont des organisations qui font face à la complexité de la vie collective et, dans ce sens, l'organisation du temps vise à trouver des moyens de conciliation entre les différents temps présents et le temps scolaire - le temps sociologique (définir les vacances, les congés, par exemple), le temps institutionnel (organiser les horaires des classes, les années de scolarité, selon une logique organisationnelle), le temps psychologique et le temps biologique (créer des périodes de temps de repos et de loisirs; des espaces pour l'alimentation, par exemple) et le temps pédagogique (créer des horaires avec des séquences qui obéissent à une logique pédagogique). Le temps scolaire souhaiterait parvenir à la combinaison de ces temps, mais n'arrive pas toujours à trouver un équilibre, les temps et les rythmes des élèves sont, la grande majorité des cas, notoirement sacrifiés à d'autres temps (Estrela, 2002 ; Montagner et al, 1986 ; Hustin, 1994). À l'école, désignée traditionnelle, l'organisation du temps, de l'espace et d'autres dimensions de la vie scolaire, répond à l'idée de contrôle de la réalité sociale qui y est subjacente et qui présuppose une stabilité, certitude, prévisibilité, hiérarchie, ordre, immobilité, standardisation, répétition et la primauté de la structure sur les processus et des institutions sur les individus et les groupes. Ces prémisses sont définies à partir de la rentabilisation de l'action d'enseigner et, conséquemment, des apprentissages des élèves, cela a marqué beaucoup la recherche en éducation, orientée vers l'étude du temps comme une variable (Brophy et Good, 1986; Crahya, 2000). Certaines de ces études concluent que, dans ce cadre de la référence de la répétition et de la fragmentation du temps, plus de temps l'élève passe à l'école et moins il apprend. D'autres soulignent l'importance de la signification donnée par l'enfant au temps et à ce qu'il fait pendant ce temps, c'est-à-dire, s'il trouve ou ne trouve pas de sens à la vie scolaire (Hustin, 1994). L'école a cessé d'être, depuis longtemps, le temple imprenable et résistant aux actions extérieures. La vie et toute sa richesse, puissance, conflit et contradiction, entre à l'école tous les jours. Néanmoins, elle maintient son actualité et pertinence, au moins dans le système éducatif portugais (par rapport aux avancées et reculs et aux contradictions inhérentes aux changements, aux immobilismes et atavismes et à quelques innovations y observées). Il y a plus de dix ans, Aniko Hustin écrivait judicieusement : "l’enseignement suit de trop loin l’évolution et la transformation du concept de temps et un fossé de plus en plus grand se creuse entre les concepts scientifiques modernes et ses applications à l’école, qui devrait, au contraire, être le lieu de leur propagation" (Hustin, 1994 : 35). |
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