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«L’amour pour principe…». L’actualité d’Auguste Comte

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Resumo:Analyser la pensée de A. Comte à la lumière de la postmodernité peut sembler anachronique. Tout comme de lui reconnaître une incontestable actualité pour la compréhension des phénomènes qui ponctuent la postmodernité. Les esprits dogmatiques qui scrutent notre temps, au moyen de concepts obsolètes appartenant au siècle productiviste qui s’est auto-pensé comme un mouvement de perfectionnement continu, en prônant les valeurs du progrès, du travail et de la raison, cette trinité laïque comme le dit M. Maffesoli, ne peuvent être que choqués à l’idée que l’on puisse se référer à Comte pour évoquer la fin de ce que J-F. Lyotard appelait les métarécits, pour alléguer la fin des absolutismes religieux, politique et scientifique, la renaissance des archaïsmes, l’émergence de religiosités diffuses. Il se trouve que les classiques de la sociologie ont élaboré des concepts qui s’ajustent parfaitement à l’expérience postmoderne : le fétichisme chez Comte, le totémisme chez É. Durkheim, le polythéisme chez M. Weber. Il en est de même de l’amour que Comte emploie dans le sens d’une manifestation spontanée des sentiments et de l’affectivité, d’une généralisation des penchants bienveillants et d’une vénération de l’humanité. L’amour dans l’optique de Compte diffère fondamentalement de l’éros platonicien, en tant que « passion infinie de l’âme », de l’agapè chrétien, en tant que « mariage du Christ et de l’Église » (Rougement, 2004 : 71). Ces formes d’amour ne sont encore que des expressions de l’égoïsme.
Autores principais:Rabot, Jean-Martin
Assunto:Comte Postmodernité Maffesoli Polythéisme Phénomènes
Ano:2015
País:Portugal
Tipo de documento:artigo
Tipo de acesso:acesso aberto
Instituição associada:Universidade do Minho
Idioma:francês
Origem:RepositóriUM - Universidade do Minho
Descrição
Resumo:Analyser la pensée de A. Comte à la lumière de la postmodernité peut sembler anachronique. Tout comme de lui reconnaître une incontestable actualité pour la compréhension des phénomènes qui ponctuent la postmodernité. Les esprits dogmatiques qui scrutent notre temps, au moyen de concepts obsolètes appartenant au siècle productiviste qui s’est auto-pensé comme un mouvement de perfectionnement continu, en prônant les valeurs du progrès, du travail et de la raison, cette trinité laïque comme le dit M. Maffesoli, ne peuvent être que choqués à l’idée que l’on puisse se référer à Comte pour évoquer la fin de ce que J-F. Lyotard appelait les métarécits, pour alléguer la fin des absolutismes religieux, politique et scientifique, la renaissance des archaïsmes, l’émergence de religiosités diffuses. Il se trouve que les classiques de la sociologie ont élaboré des concepts qui s’ajustent parfaitement à l’expérience postmoderne : le fétichisme chez Comte, le totémisme chez É. Durkheim, le polythéisme chez M. Weber. Il en est de même de l’amour que Comte emploie dans le sens d’une manifestation spontanée des sentiments et de l’affectivité, d’une généralisation des penchants bienveillants et d’une vénération de l’humanité. L’amour dans l’optique de Compte diffère fondamentalement de l’éros platonicien, en tant que « passion infinie de l’âme », de l’agapè chrétien, en tant que « mariage du Christ et de l’Église » (Rougement, 2004 : 71). Ces formes d’amour ne sont encore que des expressions de l’égoïsme.