Publicação
L'expansion de la culture méritocratique et la formation des élites dans l´école publique portugaise
| Resumo: | En analysant les orientations structurantes pour l’école portugaise pendant ces dernières décennies, nous constatons la présence d’une tension entre deux objectifs que l’on prétend articuler : La démocratisation des processus (l’égalité de chances, l’inclusion et la justice sociale) et la qualité des résultats (le mérite, la performance scolaire et l’excellence académique). Cette tension du type plus-meilleur présente cependant des nuances, des toniques et des déséquilibres variables selon les contextes historico-sociaux. Pendant ces dernières années, de nouvelles logiques ont surgi et ont accentué cette tension. Du côté de la priorité plus école, c’est l’ouverture de l’institution scolaire qui est valorisée, soit par voie de la diversification de l’offre formative, soit par voie de l’encouragement à l’établissement de partenariats éducatifs, soit encore par voie du renforcement de mesures organisationnelles et pédagogiques différenciatrices et inclusives, maintenant encadrées par le si souhaité renforcement de l’autonomie de l’école. De l’autre côté, la priorité meilleure école gagne petit à petit de la centralité lorsque les effets socio-organisationnels de certaines orientations politiques à caractère néolibéral se font connaître : évaluation externe des écoles, publicité des rankings, généralisation des examens nationaux, évaluation de la performance des professeurs, contrôle et rationalisation des ressources. Face au mouvement néo-méritocratique (Afonso, 2013) qui s’étend sur les différents secteurs de la société portugaise, il convient de discuter de ses effets au niveau d’une éventuelle re-élitisation du système public d’enseignement et de son articulation avec les desseins de démocratisation de l’école de masse. Partant de ce référentiel, la présente communication vise à débattre certaines données de recherche issues du projet de recherche financé par la Fondation pour les Sciences et la Technologie, intitulé Plus et Meilleure École : L’excellence académique dans l’école publique portugaise (PTDC/IVC/PEC/4942/2012). Du point de vue théorique et conceptuel, nous recourons fondamentalement aux travaux menés dans le contexte de la réalité française, et notamment les études de Dubet et Duru-Bellat (2000), Van Zanten (2000, 2009), Laval (2004), Hirtt (2005), Duru-Bellat (2006, 2009), Baudelot et Establet (2009), Dubet (2010) et Tenret (2011). Nous prétendons comprendre le phénomène de la méritocratie à partir de différentes échelles d’observation : macro (politiques de régulation de l’éducation) ; méso (effet-établissement, en particulier les dimensions de la gestion et de leadership) et micro (parcours et expériences scolaires et non-scolaires des jeunes élèves). L’approche multi focalisée de cette problématique a orienté la méthodologie de recherche vers deux directions complémentaires : la première, de nature extensive et macro-analytique, porte sur la localisation (nationale et internationale) des politiques et des pratiques de distinction des meilleurs élèves dans le système public d’enseignement ; la seconde, à caractère intensif et méso-micro analytique, porte sur quatre études de cas menées dans des écoles portugaises du nord et du centre du pays. L’étude des écoles aux caractéristiques semblables du point de vue du niveau d’enseignement (secondaire), des résultats scolaires (rankings) et des pratiques de distinction (tableaux d’excellence) a rendu possible la construction d’un profil d’excellence, et l’association de certains facteurs-clés déterminants de la performance scolaire. Certaines conclusions préliminaires seront soumises à débat : les démarches d’encouragement à l’excellence scolaire, de reconnaissance et de distinction des meilleurs élèves semblent s’affirmer comme faisant partie intégrante de la réalité éducative aussi bien internationale que nationale; la quasi-totalité des institutions intégrant l’enseignement secondaire au Portugal (92%) présentent un certain type de mécanismes de distinction ou de reconnaissance publique du mérite (Torres & Quaresma, 2014); les apprentissages informels (et non formels) dans l’ample processus de socialisation du sujet, assument une pertinence significative dans la salle de classes et dans les parcours scolaires des élèves (Palhares, 2014) ; pour les élèves distingués, le statut d’excellence est ancré dans leur projet personnel et dans le travail scolaire qu’ils réalisent essentiellement à l’école (Palhares, 2014) ; la dissémination généralisée de stratégies de gestion organisationnelles et pédagogiques conduisant à la promotion de l’excellence est révélatrice de l’investissement dans la fabrication d’une élite scolaire, indispensable au bon classement de l’école dans les rankings et dans l’évaluation externe (Torres, 2014) ; les élèves avec des niveaux élevés de réussite ont tendance à s’aliéner de la participation formelle de la vie scolaire, à restreindre le réseau de convivialité et de loisirs, à adopter des pratiques d’étude du type scolastique, exclusivement centrées sur les manuels et, dans un grand nombre de cas, soutenues par des leçons/cours particuliers hors de l’école (Torres, 2004). |
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| Autores principais: | Palhares, José Augusto |
| Outros Autores: | Torres, Leonor Lima |
| Assunto: | Excellence scolaire Formation des élites Démocratisation scolaire Culture méritocratique Ciências Sociais::Ciências da Educação Ciências Sociais::Sociologia |
| Ano: | 2017 |
| País: | Portugal |
| Tipo de documento: | capítulo de livro |
| Tipo de acesso: | acesso restrito |
| Instituição associada: | Universidade do Minho |
| Idioma: | francês |
| Origem: | RepositóriUM - Universidade do Minho |
| Resumo: | En analysant les orientations structurantes pour l’école portugaise pendant ces dernières décennies, nous constatons la présence d’une tension entre deux objectifs que l’on prétend articuler : La démocratisation des processus (l’égalité de chances, l’inclusion et la justice sociale) et la qualité des résultats (le mérite, la performance scolaire et l’excellence académique). Cette tension du type plus-meilleur présente cependant des nuances, des toniques et des déséquilibres variables selon les contextes historico-sociaux. Pendant ces dernières années, de nouvelles logiques ont surgi et ont accentué cette tension. Du côté de la priorité plus école, c’est l’ouverture de l’institution scolaire qui est valorisée, soit par voie de la diversification de l’offre formative, soit par voie de l’encouragement à l’établissement de partenariats éducatifs, soit encore par voie du renforcement de mesures organisationnelles et pédagogiques différenciatrices et inclusives, maintenant encadrées par le si souhaité renforcement de l’autonomie de l’école. De l’autre côté, la priorité meilleure école gagne petit à petit de la centralité lorsque les effets socio-organisationnels de certaines orientations politiques à caractère néolibéral se font connaître : évaluation externe des écoles, publicité des rankings, généralisation des examens nationaux, évaluation de la performance des professeurs, contrôle et rationalisation des ressources. Face au mouvement néo-méritocratique (Afonso, 2013) qui s’étend sur les différents secteurs de la société portugaise, il convient de discuter de ses effets au niveau d’une éventuelle re-élitisation du système public d’enseignement et de son articulation avec les desseins de démocratisation de l’école de masse. Partant de ce référentiel, la présente communication vise à débattre certaines données de recherche issues du projet de recherche financé par la Fondation pour les Sciences et la Technologie, intitulé Plus et Meilleure École : L’excellence académique dans l’école publique portugaise (PTDC/IVC/PEC/4942/2012). Du point de vue théorique et conceptuel, nous recourons fondamentalement aux travaux menés dans le contexte de la réalité française, et notamment les études de Dubet et Duru-Bellat (2000), Van Zanten (2000, 2009), Laval (2004), Hirtt (2005), Duru-Bellat (2006, 2009), Baudelot et Establet (2009), Dubet (2010) et Tenret (2011). Nous prétendons comprendre le phénomène de la méritocratie à partir de différentes échelles d’observation : macro (politiques de régulation de l’éducation) ; méso (effet-établissement, en particulier les dimensions de la gestion et de leadership) et micro (parcours et expériences scolaires et non-scolaires des jeunes élèves). L’approche multi focalisée de cette problématique a orienté la méthodologie de recherche vers deux directions complémentaires : la première, de nature extensive et macro-analytique, porte sur la localisation (nationale et internationale) des politiques et des pratiques de distinction des meilleurs élèves dans le système public d’enseignement ; la seconde, à caractère intensif et méso-micro analytique, porte sur quatre études de cas menées dans des écoles portugaises du nord et du centre du pays. L’étude des écoles aux caractéristiques semblables du point de vue du niveau d’enseignement (secondaire), des résultats scolaires (rankings) et des pratiques de distinction (tableaux d’excellence) a rendu possible la construction d’un profil d’excellence, et l’association de certains facteurs-clés déterminants de la performance scolaire. Certaines conclusions préliminaires seront soumises à débat : les démarches d’encouragement à l’excellence scolaire, de reconnaissance et de distinction des meilleurs élèves semblent s’affirmer comme faisant partie intégrante de la réalité éducative aussi bien internationale que nationale; la quasi-totalité des institutions intégrant l’enseignement secondaire au Portugal (92%) présentent un certain type de mécanismes de distinction ou de reconnaissance publique du mérite (Torres & Quaresma, 2014); les apprentissages informels (et non formels) dans l’ample processus de socialisation du sujet, assument une pertinence significative dans la salle de classes et dans les parcours scolaires des élèves (Palhares, 2014) ; pour les élèves distingués, le statut d’excellence est ancré dans leur projet personnel et dans le travail scolaire qu’ils réalisent essentiellement à l’école (Palhares, 2014) ; la dissémination généralisée de stratégies de gestion organisationnelles et pédagogiques conduisant à la promotion de l’excellence est révélatrice de l’investissement dans la fabrication d’une élite scolaire, indispensable au bon classement de l’école dans les rankings et dans l’évaluation externe (Torres, 2014) ; les élèves avec des niveaux élevés de réussite ont tendance à s’aliéner de la participation formelle de la vie scolaire, à restreindre le réseau de convivialité et de loisirs, à adopter des pratiques d’étude du type scolastique, exclusivement centrées sur les manuels et, dans un grand nombre de cas, soutenues par des leçons/cours particuliers hors de l’école (Torres, 2004). |
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