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Métaphysique et utopie: la réflexivité de la pensée et le discours de l'imaginaire

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Resumo:La métaphysique n'a pas le monopole de la crise, et il n'est aucune discipline aujourd'hui qui ne se remette en question, ou qui puisse se présenter à nous avec l'assurance dogmatique d'un système constitué. En effet, du monde très relatif des sensations, aucune connaissance stable n'est possible. La métaphysique est née, précisément, de cette prise de conscience que le donné est insuffisant: "faire de la métaphysique", au sens de la philosophie classique, c'est dépasser le donné pour l'expliquer et aboutir ainsi à un ordre des choses transcendant. Néanmoins, les théories métaphysiques sont ""irréfutables": ce qu'on y dit sur l'univers comme tel, pourrait être compatible avec une quelconque connaissance des modalités particulières de l'univers, accessibles à l'expérience. Comment démontrer, par exemple, que le déterminisme métaphysique est faux? En outre, les métaphysiques rationnelles peuvent rendre un grand service au développement de la connaissance scientifique. D'autre part, l'utopie est un discours, mais elle n'est pas le discours du concept. Or, il convient de préciser la portée spécifique des utopies; elles sont, par nature, "irréalisables"; elles proposent des modèles simplifiés et globaux d'une société, définissent des institutions idéales qui garantissent l'aboutissement de nouveaux objectifs derniers ou l'incorporation dans la vie sociale des valeurs morales considérées comme fondamentales; mais ces utopies n'accordent pas le dessin complet d'une institution réelle. Le regard que la pensée utopique porte sur le monde et sur le réel n'est pas un regard "scientifique": c'est un regard "éthique", et les utopistes sont moins des analystes que de penseurs éthiques. Nous affirmons donc que les utopies sont pour l'action ce que les théories métaphysiques sont pour la connaissance. On pourrait dire que l'apport propre et la tâche actuelle de la métaphysique en tant que réflexion critique, consistent à préserver l'humain de toute réduction unidimensionnelle, en se livrant à son élucidation intégrale.
Autores principais:Rocha, Acílio da Silva Estanqueiro
Assunto:Metafísica Utopia
Ano:2000
País:Portugal
Tipo de documento:outro
Tipo de acesso:acesso aberto
Instituição associada:Universidade do Minho
Idioma:francês
Origem:RepositóriUM - Universidade do Minho
Descrição
Resumo:La métaphysique n'a pas le monopole de la crise, et il n'est aucune discipline aujourd'hui qui ne se remette en question, ou qui puisse se présenter à nous avec l'assurance dogmatique d'un système constitué. En effet, du monde très relatif des sensations, aucune connaissance stable n'est possible. La métaphysique est née, précisément, de cette prise de conscience que le donné est insuffisant: "faire de la métaphysique", au sens de la philosophie classique, c'est dépasser le donné pour l'expliquer et aboutir ainsi à un ordre des choses transcendant. Néanmoins, les théories métaphysiques sont ""irréfutables": ce qu'on y dit sur l'univers comme tel, pourrait être compatible avec une quelconque connaissance des modalités particulières de l'univers, accessibles à l'expérience. Comment démontrer, par exemple, que le déterminisme métaphysique est faux? En outre, les métaphysiques rationnelles peuvent rendre un grand service au développement de la connaissance scientifique. D'autre part, l'utopie est un discours, mais elle n'est pas le discours du concept. Or, il convient de préciser la portée spécifique des utopies; elles sont, par nature, "irréalisables"; elles proposent des modèles simplifiés et globaux d'une société, définissent des institutions idéales qui garantissent l'aboutissement de nouveaux objectifs derniers ou l'incorporation dans la vie sociale des valeurs morales considérées comme fondamentales; mais ces utopies n'accordent pas le dessin complet d'une institution réelle. Le regard que la pensée utopique porte sur le monde et sur le réel n'est pas un regard "scientifique": c'est un regard "éthique", et les utopistes sont moins des analystes que de penseurs éthiques. Nous affirmons donc que les utopies sont pour l'action ce que les théories métaphysiques sont pour la connaissance. On pourrait dire que l'apport propre et la tâche actuelle de la métaphysique en tant que réflexion critique, consistent à préserver l'humain de toute réduction unidimensionnelle, en se livrant à son élucidation intégrale.