Publicação
No home. Le devenir-ghetto du monde dans Tropique de la violence de Nathacha Appanah
| Resumo: | Alors que les migrations clandestines contemporaines ont mis en évidence l’équivalence entre ne pas avoir un chez soi (homeland et home) et ne pas avoir de place dans le monde, cet article étudie la liquidation de la maison (un lieu à soi) dans Tropique de la violence de Nathacha Appanah, roman qui focalise la condition des mineurs isolés issus de l’immigration comorienne à Mayotte. Chez Appanah, la maison qui ne tient pas est indissociable de la fragilité sociale, politique et ontologique des protagonistes – des personnages à qui rien n’appartient – et apparait en corrélation avec des espaces de confinement de populations « indésirables » comme le camp et ses dérivés : prison, internat, maison de retraite, ghetto. L’article examine la forme particulière de la corrélation maison-ghetto dans Tropique de la violence et soutient que Kawéni, le plus grand bidonville de France, espace d’abandon et de désolation où sont jetés les clandestins et notamment les mineurs seuls et déprotégés, constitue un dispositif de liquidation de la maison. À travers l’histoire de Moïse et des autres garçons qui « vivent » au ghetto sans y habiter, le roman fait de Kawéni un exemple brûlant du devenir-inhabitable du monde. Quatre penseurs guident notre approche : Bachelard et Sloterdijk pour une théorie de la sphère materno-domestique comme condition de possibilité de la vie humaine ; et Agamben et Mbembe pour une théorie du camp comme lieu de la vie nue, décharge où sont jetés les vies déclarées illégales, abandonnées par la loi. |
|---|---|
| Autores principais: | Álvares, Cristina |
| Assunto: | Migrations Camp Maison Mineurs |
| Ano: | 2023 |
| País: | Portugal |
| Tipo de documento: | capítulo de livro |
| Tipo de acesso: | acesso restrito |
| Instituição associada: | Universidade do Minho |
| Idioma: | francês |
| Origem: | RepositóriUM - Universidade do Minho |
| Resumo: | Alors que les migrations clandestines contemporaines ont mis en évidence l’équivalence entre ne pas avoir un chez soi (homeland et home) et ne pas avoir de place dans le monde, cet article étudie la liquidation de la maison (un lieu à soi) dans Tropique de la violence de Nathacha Appanah, roman qui focalise la condition des mineurs isolés issus de l’immigration comorienne à Mayotte. Chez Appanah, la maison qui ne tient pas est indissociable de la fragilité sociale, politique et ontologique des protagonistes – des personnages à qui rien n’appartient – et apparait en corrélation avec des espaces de confinement de populations « indésirables » comme le camp et ses dérivés : prison, internat, maison de retraite, ghetto. L’article examine la forme particulière de la corrélation maison-ghetto dans Tropique de la violence et soutient que Kawéni, le plus grand bidonville de France, espace d’abandon et de désolation où sont jetés les clandestins et notamment les mineurs seuls et déprotégés, constitue un dispositif de liquidation de la maison. À travers l’histoire de Moïse et des autres garçons qui « vivent » au ghetto sans y habiter, le roman fait de Kawéni un exemple brûlant du devenir-inhabitable du monde. Quatre penseurs guident notre approche : Bachelard et Sloterdijk pour une théorie de la sphère materno-domestique comme condition de possibilité de la vie humaine ; et Agamben et Mbembe pour une théorie du camp comme lieu de la vie nue, décharge où sont jetés les vies déclarées illégales, abandonnées par la loi. |
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