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Le partisan et l’académique

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Resumo:Les années 1960 et 1970 constituent un moment à l’échelle mondiale d’engouement majeur, et pourtant éphémère, pour la littérature économique marxiste. Cet article aborde cette conjoncture idéologique et politique en se focalisant sur les ressorts d’un ouvrage économique hétérodoxe de référence en France, le Traité marxiste d’économie politique, le Capitalisme monopoliste d’État, rédigé par les économistes du Parti communiste français. Trois dimensions sont analysées: prosopographique, partidaire et transnational. L’article analyse d’abord comment le rapport du Parti communiste français aux économistes a changé depuis la fin du secrétariat de Maurice Thorez et comment le parti s’investit dans la réalisation de cet ouvrage. Il resitue ensuite l’approche économique du Traité au sein des débats qui agitent le mouvement communiste international de l’époque. Il montre enfin comment l’ouvrage est également le résultat de l’évolution des frontières entre sphère militante et sphère académique. En dépit d’une posture affichée par les experts communistes comme entièrement orthodoxe et militante, ce changement important favorise des contaminations avec d’autres courants de la pensée économique que le marxisme, notamment le keynésianisme.
Autores principais:Asta, Massimo
Assunto:Économistes France Économie politique Communisme transnational Marxisme
Ano:2022
País:Portugal
Tipo de documento:artigo
Tipo de acesso:acesso aberto
Instituição associada:Universidade Nova de Lisboa
Idioma:francês
Origem:Repositório Institucional da UNL
Descrição
Resumo:Les années 1960 et 1970 constituent un moment à l’échelle mondiale d’engouement majeur, et pourtant éphémère, pour la littérature économique marxiste. Cet article aborde cette conjoncture idéologique et politique en se focalisant sur les ressorts d’un ouvrage économique hétérodoxe de référence en France, le Traité marxiste d’économie politique, le Capitalisme monopoliste d’État, rédigé par les économistes du Parti communiste français. Trois dimensions sont analysées: prosopographique, partidaire et transnational. L’article analyse d’abord comment le rapport du Parti communiste français aux économistes a changé depuis la fin du secrétariat de Maurice Thorez et comment le parti s’investit dans la réalisation de cet ouvrage. Il resitue ensuite l’approche économique du Traité au sein des débats qui agitent le mouvement communiste international de l’époque. Il montre enfin comment l’ouvrage est également le résultat de l’évolution des frontières entre sphère militante et sphère académique. En dépit d’une posture affichée par les experts communistes comme entièrement orthodoxe et militante, ce changement important favorise des contaminations avec d’autres courants de la pensée économique que le marxisme, notamment le keynésianisme.