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Jusqu'aux limites de soi. Trances et procession du Vendredi Saint dans une petite ville italienne

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Resumo:De nombreux anthropologues ont déclaré que notre époque se caractérise par la disparition progressive de nos rituels culturels collectifs. Néanmoins, la procession du Vendredi Saint à Civitavecchia (une petite ville sur la côte ouest de l'Italie centrale) constitue un exemple de la persistance de ces rituels. Contrairement aux processions similaires ayant lieu dans de nombreuses villes dans le sud de l'Italie à l’occasion de cette fête chrétienne, la procession de Civitavecchia n’est pas seulement un défilé organisé par les citoyens afin d'évoquer la scène du Calvaire : des hommes et des femmes de tous âges s’habillent avec des tuniques blanches et une cagoule pointue, ils marchent pieds nus dans la vieille ville portant des chaînes en fer aux chevilles et, sur leurs épaules, ils portent des croix en bois très lourdes. Ils sont les penitenti (« pénitents »), dont l'identité est secrète, un véritable tabou pour tout le monde. Pendant leur marche, ils sont entourés par l'ensemble de la communauté, qui participe en silence à ces rituels collectifs. La recherche qualitative1 que j’ai menée montre qu’une pratique de transe est la principale motivation des personnes à devenir pénitents : l’expérience de la fatigue et de la douleur, jusqu’à la perte de soi-même et du dépassement de ses capacités, conduisent les pénitents à une régénération profonde qui les exalte.
Autores principais:Manfredi, Federica
Ano:2017
País:Portugal
Tipo de documento:capítulo de livro
Tipo de acesso:acesso aberto
Instituição associada:Universidade de Lisboa
Idioma:francês
Origem:Repositório da Universidade de Lisboa
Descrição
Resumo:De nombreux anthropologues ont déclaré que notre époque se caractérise par la disparition progressive de nos rituels culturels collectifs. Néanmoins, la procession du Vendredi Saint à Civitavecchia (une petite ville sur la côte ouest de l'Italie centrale) constitue un exemple de la persistance de ces rituels. Contrairement aux processions similaires ayant lieu dans de nombreuses villes dans le sud de l'Italie à l’occasion de cette fête chrétienne, la procession de Civitavecchia n’est pas seulement un défilé organisé par les citoyens afin d'évoquer la scène du Calvaire : des hommes et des femmes de tous âges s’habillent avec des tuniques blanches et une cagoule pointue, ils marchent pieds nus dans la vieille ville portant des chaînes en fer aux chevilles et, sur leurs épaules, ils portent des croix en bois très lourdes. Ils sont les penitenti (« pénitents »), dont l'identité est secrète, un véritable tabou pour tout le monde. Pendant leur marche, ils sont entourés par l'ensemble de la communauté, qui participe en silence à ces rituels collectifs. La recherche qualitative1 que j’ai menée montre qu’une pratique de transe est la principale motivation des personnes à devenir pénitents : l’expérience de la fatigue et de la douleur, jusqu’à la perte de soi-même et du dépassement de ses capacités, conduisent les pénitents à une régénération profonde qui les exalte.